Les trois ministres de la Gaspésie-les-Îles que sont Méganne Perry Mélançon (Gaspé) à la Famille, Pascal Bérubé (Matane-Matapédia-Mitis) à la Culture et Joël Arseneau (Îles-de-la-Madeleine) à l’Éducation ont du pain sur la planche, pour dire le moins, alors que ce mandat débute sur les chapeaux de roues. À quoi s’ajoute le fait que ce soit un gouvernement péquiste minoritaire. Quels seront leurs défis ? Comment traiteront-ils nos propres enjeux ? Et leur voix sera-t-elle assez forte pour convaincre le Conseil du Trésor de financer leurs ambitions au titre de leur lettre de mandat respective en ces temps de restriction budgétaire et de régime minceur gouvernemental ?
Ainsi, sur le plan culturel, que fera-t-on de la Villa James à Percé, revampée à coup de millions de dollars dans le cadre des Maisons bleues, dont on cherche encore une vocation spécifique. Patrimoine Gaspésie proposait d’y consacrer un espace pour l’œuvre de la peintre et sculptrice gaspésienne, Suzanne Guité. Une bonne idée au fond. Et est-ce que le ministre Bérubé saura entendre l’appel à l’aide récurrent du Musée de la Gaspésie pour un meilleur financement ?
Promus, mais non mérités
En éducation, le ministre Arseneau prendra-t-il au sérieux la violence faite envers les professeurs, ici même dans nos écoles ? Pas seulement, il y a aussi celle faite aussi envers le personnel du soutien scolaire. Prendra-t-il acte d’un sérieux problème étant celui de refuser le redoublement de certains élèves qui pourtant n’auraient pas mérité de passer leur année scolaire. En clair, comme Bleu FM le rapportait en avril dernier, en 2024-2025, pas moins de 42 % des enseignants, tant au primaire qu’au secondaire, à l’échelle nationale affirment que certains de leurs élèves ont été promus, sous la pression des directions d’école ou des parents, au niveau supérieur en dépit de leur recommandation de redoublement ou de transfert en classe spécialisée.
Un enjeu pris très au sérieux par la présidente du Syndicat des travailleurs de l’éducation de l’Est-du-Québec, Anne Bernier, qui confirmait que ce problème est bien réel ici en Gaspésie estimant que tout le monde doit travailler de concert afin de trouver des solutions à terme.
Les grands travaux de Méganne Perry Mélançon
En ce qui concerne Méganne Perry Mélançon qui est également responsable de notre région, le travail ne manquera pas tant les dossiers sont multiples, complexes pour ne pas dire délicats. Est-ce que la Haute-Gaspésie sera entendue à sa juste valeur, elle qui souhaite avoir un statut particulier, avec raison ? Que faire avec le coût de l’asphalte, qui refait surface ces jours-ci, plus élevé ici qu’ailleurs de 30% voire 40% comme le révélait déjà une enquête du journal Le Devoir en 2011 ? Un monopole qui ne dit pas son nom. Faut-il rappeler qu’à Grande-Rivière il en a coûté plus de 1000$ par mètre asphalté sur le Chemin des Bois récemment.
Par ailleurs, est-ce que le bureau de la protection de la Faune de Chandler restera ouvert une fois son bail arrivé à terme dans les prochains mois ? Augmentera-t-on le nombre d’agents dans notre région ? Le train se rendra-t-il à Gaspé ? Pour ou contre l’épandage d’herbicides chimique le long de la voie ferrée de Matapédia à Gaspé ?
Mont-Saint-Pierre, exploitation sexuelle et caribou
Est-elle au courant du réseau d’exploitation sexuelle en Gaspésie comme le révélait le service des nouvelles de Bleu FM ces derniers mois? Et si oui, comment compte-t-elle s’en occuper ? La relance de la Station montagne sur mer aura-t-elle lieu et que faire avec sa dette de 2M$ ? Sans oublier les revendications du mouvement Le communautaire à boutte!, dont la liste n’en finit plus de finir…
Régime forestier, mines et Murdochville
De même, le nouveau régime forestier promis par le premier ministre au cours de ce mandat saura-t-il être en phase avec la survie du caribou montagnard de la Gaspésie ? Qui plus est, ce gouvernement mangera-t-il dans la main du lobby forestier comme c’a toujours été le cas avec les gouvernements précédents ? Cédera-t-il au chantage des minières, lui aussi? Pour ou contre le déménagement de Murdochville pour exploiter à son plein potentiel le cuivre enfoui dans son sous-sol ?
Plaintes des locataires
Enfin, les plaintes des locataires déposées devant le Tribunal administratif du logement seront-elles finalement anonymisées comme la demande depuis des mois Québec solidaire, du moins pour les causes qui ont été gagnées par les plaignants ? Répondre à autant de questions demeure une tâche colossale, admettons-le, mais ainsi va l’engagement politique.
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